Des informations d'Epinal et de la Communauté d'Agglomération
20 Septembre 2017
Des corsaires à l'abordage du conservatisme audiophonique
Les revendications anti-système sont à la mode et mercredi dernier les nouveaux corsaires, plus que pirates - puisqu'ils ont utilisé la fréquence qui leur est destinée quasi-officiellement - ont reçu de nombreux messages de soutien sur les réseaux sociaux et sur leurs ondes pour leurs 24 heures d'émission non autorisée.
Fausse rébellion mais véritable dénonciation d'un antagonisme historique et des dysfonctionnements d'un "machin": le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ( CSA). "Une autorité administrative indépendante, qui coute 35 millions par an à la collectivité avec ses 270 fonctionnaires. Elle a viré en véritable statue du commandeur, se drapant dans une dignité et une éthique bureaucratique qui se place trop souvent dans un orgueilleux déni de réalité. Une machine conservatrice qui sert à broyer initiative et créativité sous prétexte d'une régulation harmonieuse" confient des spécialistes des radios locales plutôt fatalistes.
"Notre association Radio Color a été crée en 2003, nous étions 9 copains à l'époque. Depuis nous ne sommes plus que 2 fondateurs encore en activité" précise Christophe Mercier, le trésorier de l'association." Entre le moment de notre création, les appels à candidature et les premières ouvertures de 2010 de nos stations de Bruyères et Remiremont avec 2 vieux PC et trois bouts de ficelle, nous avons investi beaucoup de temps et d'argent pour tenter de disposer d'une fréquence à Epinal. Elle nous a été refusé plusieurs fois alors que cette zone est indispensable à notre modèle commercial et le CSA le sait très bien. C'est 75% de notre auditoire"."En 2010, le CSA affirmait qu'il n'y avait pas de fréquence disponible à Epinal. Il a fallu faire du contentieux et aller jusqu'au Conseil d'Etat pour faire constater cette erreur manifeste d'appréciation et casser la décision du CSA. Depuis l'appel à candidature que l'on a forcé avec nos démarches cela fait 19 mois que l'on attends, c'est kafkaïen et c'est trop ". Engagé dans deux autres réseaux de radios locales en Ile de France ( "Oxygène" et "Laradiosanspub") l'ancien animateur national sur RFM et RTL2 - "le passsé d'une autre vie"- complète ses explications de ses expérience multiples: "Les associations dans lesquelles je collabore totalisent au moins 9 contentieux avec le CSA, et j'ai obtenu 6 fois gains de cause en 15 ans d'engagements contre l'injustice. L'acharnement est indispensable pour obtenir le respect des lois". "On a fait trop longtemps les gentils, maintenant on joue des coudes et on ne se laisse pas faire. Ce qui fait qu'on est fléchés au CSA comme des "petits malins". Ca laisse des traces et il y a manifestement un esprit de revanche de l'administration ". "C'est un rapport de force et ceux qui gagnent sont rares" confie le trésorier. La liberté d'entreprendre n'est certainement pas une valeur universelle...
Le trublion des ondes ne manque pas de rappeler que les stations de Bruyères et Remiremont leur ont permis d'accéder à la première place des radios locales dans les Vosges et la seconde en Lorraine en 2016. "Nous sommes une association entrepreneuriale, on n'entre pas dans les cases, on est atypique. Fondamentalement tout va bien, notre organisation de 4 permanents et 6 bénévoles tient la route sur les Vosges, avec un budget annuel de 130 000 euros. On va faire bouger les choses. Notre offre est différente de nos concurrentes, que ce soient les radios commerciales ou les autres associatives. La proximité et le terrain sont nos priorités pour poursuivre notre augmentation d'audience" confie le pirate d'un jour... corsaire toujours!