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Epinal News

Des informations d'Epinal et de la Communauté d'Agglomération

Fête des Images, un succès? Vraiment?

Fête des Images, un succès? Vraiment?

Notre patoche édile spinalien n'a pas manqué de réactivité, à se féliciter et s'autocongratuler de la réussite de la 6ème fête des Images: « Une ville en lumière, un patrimoine valorisé, des milliers de personnes dans nos rues, sur nos places enthousiasmées par la magie…merci aux équipes de la ville d’Epinal pour ce travail remarquable. Épinal s’affirme chaque jour comme une Terre des Arts et de la Culture accessibles à tous ». Abstraction faite de la tournure propagandiste de ce genre de déclaration, ce qui entre légitimement dans le rôle du maire en charge de la culture qui assure son SAV, on peut effectuer une lecture moins dithyrambique, sinon plus critique de cet évènement qui se targue d'être une « fête » idéalisée.

Les Images ou le bizness: les terrasses ou la vue?

Les Images ou le bizness: les terrasses ou la vue?

Elle est ou la fête?

                 

La presse appointée  s'extasie des murs qui « s'animent », d'une ambiance de centre ville retrouvée, des petits plaisirs de plein air enfin à portée de main... Mais de fête point. En tout cas moi j'ai rien senti. Dans le souhait municipal louable de ne pas léser les restaurateurs et débitants de boisson, de conserver une idée de circulation au sein de la vieille ville, d'ouvrir sur de nouveaux espaces, la fête des images a compliqué sa lisibilité festive et esthétique et le caractère exceptionnel de l'évènement.
Mesures covidesques intégrées dans notre réflexion, on en arrive pas moins à constater un cheminement compliqué ( swinging spinal place des Vosges au milieu des terrasses), sinon ardu ( pour accéder aux courts métrages du pavillon du château), casse gueule ( douves du château plongées dans l'obscurité ), et à tout le moins spleenant ( bruits de bêtes, rues désertes et production des enfants des centres sociaux dans la rue du Faubourg d'Ambrail ).
 

Mesures antipandémie obligent, l'esprit de fête n'est pas encore de retour. Plus de bal goguette ou de karaoké participatif et dansant, d'originalité autre que numérique et cinématographique. Le train-train d'un festival en contention, quoi.

projection sur mur d'eau: de qui se floute -t on?

projection sur mur d'eau: de qui se floute -t on?

Une dispersion perturbatrice

 

On pourrait se féliciter d'une vision des choses qui évolue, avec un parcours et de nombreux spots dans la ville, une dispersion d'activités qui pouvait se révéler intéressante sinon foisonnante. Pas de bol, ce fourre-tout était plus de nature à générer une certaine confusion. L'affichage confidentiel des œuvres de Sidonie Hollard ( pass sanitaire oblige) faisait de la peine. La projection du concours de mapping des jeunes créateurs ou des courts métrages au château, le spectacle de Balbuzar le Pirate, ou celui d'Alice au pays des merveilles de Daniel Cacouault ou bien le parcours de Gulliver... Aucune projection n'allait dans le sens de la mise en valeur des œuvres ou des bâtiments, c'était du 2D bien plat. Autant faire tirer des écrans de projection par emballage à la Cristo, on aurait été raccord avec les projections et  l'arc de triomphe! . Malgré le savoir faire de Damien Fontaine, la projection cinématographique ne rendait pas un effet d'ampleur et de dépassement du cadre monumental. Amadeo Cervone sur la basilique était toutefois le seul à jouer dans une sorte d'intimité avec son monument support, avec grâce et subtilité pour son conte imagé de robots de l'espace. Grace lui soit rendu. Il était notamment décevant de constater l'effet d'une projection en nuage sur le mur d'eau de la Moselle: même en étant face au projecteur, la bande dessinée - particulièrement détaillée et chromatique dans un style remarquable- était illisible. Se gargariser en parlant de « magie du spectacle », c'est tout de même pratiquer une méthode Coué utilitariste singulière, vraisemblablement afin de ne contrarier personne: les mécènes, les artistes ( pour certains mécontents du rendu de leur travail) et les municipaux qui ont fait des heures supplémentaires de nuit, sans se faire d'illusion sur ce type de bullshit job. On ne développera pas sur le contrôle du port du masque inexistant, tout comme la distanciation, la Préfecture risquant d'en faire subir la Saint Maurice ou Les Imaginales de mesures répressives.

Fête des Images, un succès? Vraiment?Fête des Images, un succès? Vraiment?Fête des Images, un succès? Vraiment?
Un devenir artistique qu'il reste à cadrer

Le parcours insolite dans les douves pour entendre les bruits de la forêt, l'éclairage de la basilique, des vieilles ruelles et des lieux insolites ( le cloitre, la tour chinoise ) ou l'ascension du château étaient déjà un programme original de nuit, particulièrement touristique, à eux seuls. Quelques orchestres originaux sur le parcours et c'était sublime.

Festival du court métrage, weekend  du patrimoine, expo photo, concours photo, projections en façade d'animations diverses, rétro éclairage de dessins d'enfant, projection sur mur d'eau... Il va falloir choisir entre le cinéma de plein air ou le mapping, le politiquement bienveillant façon fête de patronage laïc et le show bizz, l'économiquement intéressé et la notoriété institutionnelle, l'écologie et le tri des déchets, les évènements de prestige, les monuments et les illustrations d’Épinal...

 L'auberge espagnole a son utilité, mais exporté ainsi, c'est un peu trop folklorique pour notre chef lieu de province. Vivement les Imaginales 2021, qu'on s'assure que la nouvelle mouture de ce véritable festival n'est pas de la même veine.

 

Oscar Pinesaiche et Romaric Montain

Fête des Images, un succès? Vraiment?
Fête des Images, un succès? Vraiment?
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